28.06.24 - 17:0028.06.2024 - 17:00·5m5 minutos de leitura·
Por Dymey
Karmine corp : retour sur les 3 premières années financières du club
Découvrez l'évolution financière de Karmine Corp, un club d'esport devenu phénomène, avec des chiffres de croissance impressionnants en 2023. Répartition des revenus, aperçu du merchandising, stratégies de sponsoring et plans futurs détaillés pour comprendre le succès du club.
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Croissance financière et perspectives futures de la structure Française
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Depuis la naissance du projet devenu phénomène KCORP, seule des bribes d’informations concernant la santé financière de la Karmine sont parvenues au public, laissant les fans dans l’incertitude voire la spéculation. Cette spéculation prend fin puisque Sheep Esports présente dans cet article les données financières des trois dernières années.
Une année 2023 d’exception
Il serait inconcevable de prétendre avoir suivi assidument l’esport en 2023 sans avoir vu passer certaines des actualités du club, que ce soit le KCX3, l’annonce des Arènes ou encore la levée de fonds pour financer l’acquisition du slot LEC. Arthur Perticoz, CEO du Blue Wall, en parlait lors de son passage chez Zack Nani, décrivant l’année comme exceptionnelle tant sur le plan sportif (champion de LFL et des EMEA Masters à l'été sur League of Legends, lauréat du Major d'hiver sur Rocket League, vainqueur des Worlds de Trackmania, titres européens sur Teamfight Tactics...) que sur le plan du développement entrepreneurial du club.
Arthur Perticoz évoquait par exemple la refonte du merchandising ou encore l’entrée en VCT EMEA, l'élite régionale de Valorant. Tous ces défis sont à piloter dans un contexte économique global incertain. Mais comment la Prestigieuse a su tirer son épingle du jeu ? Analyse.
Trois ans et déjà à l'équilibre
C’est un atterrissage 2023 à 7,01M€ de chiffre d’affaires signant une croissance de 323% depuis 2021, et ce, sans intégrer les revenus liés au KCX, entièrement gérés par la production de l’évènement.
Données en € Hors Taxes
Il n’aura fallu à la Karmine que trois ans d’exploitation pour trouver le chemin de la rentabilité et annoncer une clôture 2023 avec un résultat à l’équilibre. Véritable prouesse au regard de nombreux acteurs de l’écosystème esportif, la KC parvient à allier une forte croissance tout en maitrisant ses ratios financiers en un temps record. Elle intègre ainsi le cercle très restreint des structures profitables en Europe.
Les fans, premier levier de cette réussite
Autre fait majeur, le niveau de répartition du chiffre d’affaires. La part du merchandising est estimée à environ 40% de ce chiffre d’affaires, soit 2,5M€ en 2023, représentant plus de 40 000 maillots. Un volume supérieur à celui de certains clubs de Ligue 1 de football et quatre à dix fois supérieur aux concurrents esports européens. Les prévisions sur 2024 devraient permettre au club d’approcher les 4M€ de revenus annuels uniquement sur ce segment.
Le modèle économique unique du club, basé sur l’engagement des fans, permet à la KCORP de bousculer les lignes financières du secteur de l’esport que ce soit par le merchandising ou l’évènementiel comme les KCX.
"Chaque projet a été une grosse prise de risque"
Le niveau de ses fonds propres étant négatif, la structure financière du club a pourtant été malmenée sur l’année 2021 et 2022. Il lui a donc fallu reconstruire ses fondations financières pour limiter les effets néfastes de cette situation sur les sources de financements "traditionnelles" (prêts, investissements externes), et rassurer les parties prenantes sur la durabilité du modèle. « Ces dernières années, chaque projet a été une grosse prise de risque. Un sponsor qui ne paye pas ou un évènement qui ne marche pas pouvait faire couler le club », révèle Arthur Perticoz.
À la clôture 2023, le bon redressement des indicateurs clés permet de convaincre les acteurs financiers traditionnels de la viabilité du modèle économique, cela ouvrira notamment de nouveaux relais de financement moins lourds en contreparties. Côté trésorerie l’entreprise commence l’année 2024 avec 760k€ mais pourra compter sur les rentrées d’un poste client de plus d’un million d’euros et de potentiels micro-investissements pour financer la forte croissance de l’exploitation à court terme.
Reconduire les partenaires historiques
Interrogé par Sheep Esports sur le niveau de cashflow relativement faible au regard de la croissance et des flux gérés Arthur Perticoz explique : « Nos charges sont mensuelles mais nos entrées sont périodiques, ce qui crée un fort déséquilibre du niveau de trésorerie et fait de la gestion à court terme un défi de tous les jours. Nous avons de la chance de pouvoir compter sur certains sponsors, qui fort de leur confiance en notre club, versent dès le début d’année la totalité du montant du deal de sponsoring. »
Pour le club, la stratégie de sponsoring est claire : reconduire et revaloriser les partenaires historiques. Pour autant, le montant estimé à 2,3M€ annuel semble maigre au regard du rayonnement du club et surtout comparé aux autres clubs majeurs européens. Cette situation s’explique de deux manières :
- La jeunesse du club couplé au caractère pluriannuel de certains contrats. En effet, l’augmentation des contrats ne peut pas suivre la croissance exponentielle du club créant ainsi un décalage de presque un an entre la conclusion du deal et sa réalisation.
- Le refus éthique du club de s’ouvrir à la promotion de sponsoring crypto, gambling ou alcool, réputés pour être les contrats les plus rémunérateurs.
Les Arènes, un enjeu crucial
Annoncé récemment, le stade sera un enjeu majeur et un relai de croissance important pour le club notamment par son impact sociétal, réel levier de valeur extra financière. Financièrement, en considérant une pleine exploitation à horizon 2027/2028, les revenus annuels générés par le stade sont estimés à environ 1,5M€/an répartis sur une vingtaine d’évènements maximum. Les prévisions sont prudentes en raison de la volonté du club de maintenir des tarifs le plus accessible possibles.
Concernant les prévisions 2024, le CA prévisionnel devrait avoisiner les 11M€ et la range de valorisation attendue se situe entre 40M€ et 50M€ (soit une progression de 100 à 150% depuis la valorisation 2023) dépendamment de la situation économique du moment. Cela permettra notamment d’avancer vers la seconde levée de fonds de l’histoire du club avec une différence notoire : pour lever la même somme, le club devra céder beaucoup moins de participations.
Deux tours de table en 2024
Arthur Perticoz a annoncé à cet égard ce mardi 25 juin 2024 au grand public l'intronisation des nouveaux investisseurs du club. On y retrouve notamment des Family Office, façades de familles françaises réputées comme la famille Houzé (propriétaire notamment des Galeries Lafayette) ou des investisseurs privés, spécialisés ou non comme Mathieu Carré, ayant pris part à la première levée de fonds.
L’objectif de ce second segment de la levée de fonds sera de soutenir la forte croissance et les besoins en fonds de roulement importants du club en ce premier semestre 2024. Au-delà de la fixation d’une valorisation intermédiaire - qui limitera la dilution de l’actionnariat historique -, cela permettra une phase d’amorçage des nouvelles parties prenantes du club en vue d’un nouveau tour de table prévu pour le quatrième trimestre 2024. Celui-ci aura notamment pour objectif le règlement de l’annuité de paiement du slot LEC.
"Pour les joueurs qui viennent chez Karmine, il y a un avant et un après"
Cependant, Karmine, qui avait jusque-là une structure financière saine, s’est exposée à des risques de montée de charges et plus largement à un déséquilibre financier notamment en raison des coûts opérationnels de l’équipe LEC. Pour prévenir ce risque, le club a opté pour une stratégie de gestion salariale prudente, en opérant un budget parmi les plus faible du LEC.
Conscient des enjeux de cette stratégie, notamment des impacts sur l’attractivité du club Arthur annonce : « Pour les joueurs qui viennent chez Karmine, il y a un avant et un après. Oui on ne sera pas ceux qui paieront le mieux ou qui offriront les meilleures conditions financières mais les joueurs qui repartent du club auront une image de marque qui ne les quittera jamais et qui se vend très bien ».
La Karmine, dont l’identité francophone est encore trop ancrée, doit donc également renforcer son internationalisation. Un positionnement plus cosmopolite est nécessaire pour continuer de croître, tant au niveau de la fanbase que des partenaires commerciaux. L’horizon 2024 se clôturera avec le KCX4, annoncé pour le 9 novembre avec cette année un évènement centré autour de la rivalité avec KOI, le club de l’influenceur hispanique Ibai Llanos.
Sources : KarmineCorp / Chiffres audités
Header Credit Photo : RocketLeagueEsports
