Béni par deux victoires consécutives, les
Heretics prêchent un nouveau dogme dans le
League of Legends EMEA Championship (LEC) Versus 2026, alors que l’équipe continue de grimper dans le classement. Avec seulement deux matchs restants, l'équipe devra continuer à se battre pour atteindre le salut et décrocher une place en playoffs. Dans une interview exclusive, le support
Paul "Stend" Lardin s’est entretenu avec
Sheep Esports pour revenir sur les difficultés de l’équipe, la pression ressentie, et les défis à venir.
Comment tu te sens après cette semaine en 2–1 et cette victoire importante face à MKOI, surtout après un début de saison compliqué ?
Paul "Stend" Lardin: "Ça va très bien. Je suis vraiment très heureux de cette victoire contre MKOI. Même si, par exemple, notre victoire face à KCB n’a pas été très bien joué. On a quand même réussi à gagner contre des équipes comme GIANTX, Vitality et MKOI, qui sont globalement de très bonnes équipes.
Cette victoire fait énormément de bien au mental. En interne, ce n’était pas évident, parce qu’on n’était pas très loin d’être hors des playoffs. Gagner contre MKOI nous apporte donc un vrai boost de confiance, et ça change beaucoup de choses pour la suite.
Stend: Si on perdait un seul match, on était quasiment sûrs d’être hors des playoffs, à moins d’un scénario parfait. Donc oui, c'est vrai qu'il y avait vraiment cette mentalité de « do or die ».
De mon côté, individuellement, je me suis mis dans cet état d’esprit très clair : il restait une semaine et demie, et j’allais tout donner. J’ai énormément travaillé, beaucoup joué en solo queue, revu les matchs. Je me suis dit que si je devais me pousser au burn out dans une semaine, alors tant pis, je le ferais.
Au final, je suis assez content du travail qu’on a accompli en tant qu’équipe. Je pense qu’on a montré un bien meilleur visage que ces dernières semaines. Sur cet aspect-là, je suis vraiment satisfait du collectif.
Stend: Oui, je le ressens surtout du côté de nos fans. Ils ne sont pas très contents, et l’année dernière ne s’est pas très bien passée, donc il y a forcément eu pas mal de pression autour de ça. Mais honnêtement, ce n’est pas quelque chose que je regarde de près et ça ne m’affecte pas tant que ça.
Comme tu l’as dit, il reste toute l’année, mais si jamais on est éliminés la semaine prochaine, on aura quand même deux mois de pause avant le deuxième split, ce qui sera largement suffisant pour récupérer, même en cas de burn out. Du coup, là, je donne vraiment mon maximum. Je n’étais pas satisfait de mon niveau individuel en début de LEC Versus, donc je travaille énormément pour être à la hauteur.
Selon toi, sur quels points Heretics doit encore travailler pour vraiment progresser et répondre aux attentes des fans ?
Stend: Oui, les fans en ont un peu marre. Sheo (Théo Borile) et moi, on est français et on était déjà là l’année dernière, donc je comprends qu’ils aient moins de patience aujourd’hui, et c’est totalement normal. De notre côté, on donne vraiment notre maximum.
Pour répondre à la question sur ce qu’on doit améliorer pour progresser, je pense que notre plus gros problème a longtemps été la macro en mid-game. On avait énormément de difficultés sur cette phase-là, et on a passé beaucoup de temps à essayer de corriger ça. C’est clairement un axe sur lequel on va continuer à travailler.
Quand tu sais ce que tu fais sur la map, ça te donne énormément de confiance en jeu. À l’inverse, quand tu es perdu sur la map, tes prises de fights sont mauvaises, tes positions aussi, et tout devient compliqué. Donc l’objectif, c’est d’être beaucoup plus conscients de ce qui se passe sur la map, d’avoir des rotations plus rapides et plus propres. Si on arrive à faire ça, je pense que les teamfights suivront naturellement. Individuellement, on a tous un niveau suffisant pour que ça clique.
Est-ce que tu penses que cette pression affecte aussi les membres plus jeunes de l’équipe ?
Stend: Honnêtement, je ne pense pas que ça les affecte tant que ça. Objectivement, la pression retombe surtout sur Sheo et moi. C’est surtout nous deux qui prenons le plus, on va dire. Après, peut-être que ça a un impact sur les autres, mais en tout cas, personnellement, je ne l’ai pas vraiment ressenti ou observé au sein de l’équipe.
Stend: Son anglais est quand même très bon. Ça fait déjà trois ans qu’il est en Europe. Après, oui, c’est toujours un peu difficile au début. Quand tu formes une nouvelle botlane, il y a beaucoup d’automatismes à construire, et ça demande énormément de répétitions. Au départ, on apprend à se découvrir, à comprendre la vision de jeu de l’un et de l’autre.
On a clairement eu une phase d’adaptation, mais ces derniers jours, ça va beaucoup mieux. Quand on arrive à être connectés et sur la même longueur d’onde, ça se voit tout de suite en jeu. Quand Ice est sur des champions comme Aphelios ou Yunara et qu’il est dans une bonne partie, il peut vraiment dérouler et porter. Personnellement, je suis très content de ce qu’il montre.
Stend: Personnellement, je suis très content du coaching staff. À la base, Arkhe et Hidon forment un duo qui fonctionne déjà très bien ensemble. Arkhe a davantage de responsabilités sur les drafts, tandis que Hidon occupe le rôle d'head coach et se concentre surtout sur le groupe. Je pense que Hidon fait un très bon travail sur l’environnement de l’équipe. Il accorde beaucoup d’importance à notre progression sur le long terme, et ça se ressent.
L’arrivée de Mithy a aussi été très positive. Même s’il travaille à distance, il m’aide énormément sur le plan individuel. On fait beaucoup de reviews ensemble, aussi bien des matchs officiels que des scrims. Comme il a été support, il m’apporte beaucoup sur la lecture du jeu et la macro. Il y a clairement des actions que je fais aujourd’hui en LEC qui viennent de ce travail avec lui.
Par exemple, aujourd'hui contre MKOI, quand j'ai attrapé leur Aphelios au mid, je savais qu’il n’avait ni flash ni ghost, et j’avais une seule idée en tête : le tuer avant la soul. Ce genre de décisions, c’est typiquement quelque chose que Mithy m’a aidé à développer. Globalement, je me sens très en phase avec la vision du coaching staff, et je suis vraiment satisfait de leur travail.
Tu disais déjà l’an dernier que ton objectif était de devenir l’un des meilleurs supports du LEC. Aujourd’hui, où est-ce que tu situes ton niveau individuel par rapport à l’an dernier, et à quelle distance te sens-tu de tes objectifs ?
Stend: Je pense qu’après le Summer et pendant l’hors-saison, j’ai connu une vraie baisse de niveau. La reprise a été un peu compliquée, j’ai mis du temps à me remettre dedans. Du coup, je n’étais pas du tout satisfait de mon début de LEC. Depuis, individuellement, j’ai énormément travaillé. J’ai beaucoup joué en solo queue, beaucoup investi de temps, et aujourd’hui, je me sens bien plus confiant. Sur cet aspect-là, je pense que je suis clairement sur la bonne voie.
Mon objectif reste le même : je veux devenir le meilleur support du LEC. Et au-delà de ça, si jamais il y a une Coupe du Monde des Nations, ce serait vraiment un rêve pour moi d’y participer. Cette année est très importante à mes yeux, parce que je veux prouver que je suis un joueur solide et établi en LEC.
Est-ce que tu te considères aujourd’hui comme le meilleur support français et quels autres joueurs mettrais-tu à ce poste ?
Stend: Oui, je pense être le meilleur support français actuellement. Derrière, je mettrai Zoelys (Théo Le Scornec) et Prime (Olivier Pierre Julien Payet). Cela dit, je ne prends rien pour acquis. Je continue de tout donner et de travailler au maximum pour maintenir le meilleur niveau possible.
La semaine prochaine, vous affrontez Fnatic et Karmine Corp. Comment tu abordes ces matchs et qu’est-ce qu’on peut attendre de vous ?
Stend: Je pense que Fnatic n’est pas imbattable. Ils ne sont pas très stables en ce moment, je les vois un peu comme MKOI : ce sont de grosses équipes, mais qui ne sont pas à leur prime. On sent qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas parfaitement. Personnellement, je suis confiant face à Fnatic.
Karmine Corp, en revanche, sera le vrai défi. Ils sont très forts actuellement. Pour moi, ce sera clairement le plus gros challenge de la semaine prochaine.
Selon toi, qu’est-ce qui va vous différencier cette année et pourquoi les gens devraient suivre l’équipe ?
Stend: Je pense qu’on va être très sous-estimés et qu’on va surprendre pas mal de monde. On a Tracyn (Sebastian Wojtoń), qui est un gros prospect en toplane en Europe, et je pense que ça peut vraiment faire la différence. Comme on sera souvent vus comme l’underdog, ça crée de la surprise dans la ligue, et c’est justement ce qui rend Heretics intéressant à suivre cette année."