Après une entrée en matière délicate face à l'équipe première,
Karmine Corp Blue a parfaitement redressé la barre lors de la deuxième journée du
League of Legends EMEA Championship (LEC) Versus 2026. Grâce à une
victoire importante face à Los Ratones — deuxième équipe d’ERL invitée comme guest pour le Winter Split — la formation académique de la célèbre organisation française se tourne désormais vers son dernier match de la semaine contre Team Vitality, avec l’ambition d’enchaîner un nouveau succès. Dans une interview accordée à
Sheep Esports, le midlaner de KCB,
Kamil « Kamiloo » Haudegond, est revenu sur son intersaison, son rôle de mentor auprès de ses jeunes coéquipiers, ainsi que sur les objectifs que l’équipe doit se fixer.
Kamil "Kamiloo" Haudegond: "Ça va très bien. Honnêtement, je vis ce retour en LEC de manière positive. Tout se passe bien avec l’équipe et on progresse petit à petit ensemble. Le match contre Los Ratones a été assez intense. Il y a eu des erreurs individuelles, moi compris — notamment au niveau du dragon — qui auraient pu nous coûter cher. Malgré ça, on a réussi à revenir dans la partie, même s’il y a eu un nouveau moment de flottement ensuite. Au final, c’était un match très intense, mais positif : ça nous donne beaucoup de matière à analyser et à améliorer, et en plus on repart avec la victoire.
Kamiloo: Forcément, hier il y avait du stress, surtout du côté de Tao (Xu Hongtao Alessandro), et un peu aussi chez Yukino (Johnny Hoang Dang). Mais honnêtement, c’est totalement normal. Moi-même, lors de ma première apparition sur scène l’année dernière au Winter, j’étais très nerveux. La deuxième game, ça allait déjà beaucoup mieux, mais la première est toujours compliquée. C’est rare de voir des joueurs qui ne ressentent pas du tout la pression. Hazel, de son côté, avait l’air plutôt à l’aise. Globalement, c’est surtout une question de prendre ses marques sur scène, et ça viendra avec le temps.
Kamiloo: Je me sens responsable d’eux, parce que je suis le seul à avoir déjà vécu cette transition vers le LEC, surtout depuis la Div 2. Je dois faire en sorte que tout se passe bien pour eux : qu’ils se sentent bien, que ça aille mentalement, mais aussi in-game. J’essaie de prendre mes responsabilités et de remplir mon rôle. C’est vrai que cette année, je suis en quelque sorte un mentor au sein de l'équipe. C’est assez étrange, mais ça ne me déplaît pas. Au final, toute expérience est bonne à prendre. Par exemple avec Tao, je l’aide beaucoup sur le side-laning. À ce niveau-là, c’est clairement l’un des aspects les plus difficiles, surtout en LEC : bien comprendre la map, savoir où se placer et quand jouer sur les sides. J’essaie donc de l’accompagner le plus possible sur ces points. Pour Hazel, ce n’est pas lié à un aspect précis du jeu. Ça dépend davantage des situations : on peut discuter de beaucoup de choses différentes selon les besoins du moment.
Kamiloo: Je ne me compare pas spécialement à lui, parce que je pense qu’on n’a pas du tout les mêmes conditions pour performer. Nos équipes n’attendent pas la même chose de nous. De mon côté, on attend surtout que je sois très vocal, que je prenne le lead, aussi bien in-game qu’en dehors. À l’inverse, j’ai l’impression que, chez KC, on attend plutôt de kyeahoo qu’il stabilise le jeu, notamment en early, pour éviter que la partie n'explose. Cela dit, globalement, je pense que c’est un bon joueur.
Kamiloo: Pour moi, l’objectif est le même que celui évoqué par Hazel : atteindre les playoffs. Si on y arrive, je pense que ce sera une vraie réussite pour le projet, surtout pour un premier passage en LEC. Ce serait une bonne validation de notre travail et de notre début dans la ligue.
Kamiloo: L’offseason m’a vraiment permis de prendre du recul sur toute l’année. Ça m’a aidé à réfléchir à ce que je devais retenir de cette expérience, et aussi à ce que je devais laisser de côté. C’était également une bonne occasion de me recentrer sur moi-même, notamment à travers des expériences comme le Solo Queue Challenge ou mon voyage en Corée. Ça m’a permis de me tester, mais aussi de reprendre confiance sur certains aspects de mon jeu.
Globalement, l’année dernière a été très intense. Je suis passé de la Div 2 au LEC, et on attendait de moi que je sois à la fois vocal et performant tout en faisant ce saut de niveau. Ça m’a demandé de gérer énormément de choses en même temps, et je pense que sur la durée, ce n’était pas quelque chose que je pouvais encaisser indéfiniment. Honnêtement, après le Spring, j’étais déjà presque en burn out.
Même si c’était une opportunité incroyable d’apprendre autant, mon cerveau avait besoin de temps pour assimiler tout ça : trier les informations, garder ce qui est important et laisser le reste de côté. L’off-saison m’a fait beaucoup de bien à ce niveau-là. Elle m’a permis de mieux définir mon jeu, de savoir sur quoi travailler, comment travailler, de mettre en place une routine. C’était surtout du temps nécessaire pour réfléchir et pour digérer tout ce que j’avais accumulé sur l’année.
Après ce split en LEC puis les deux splits en LFL, où aimeriez-vous vous voir d'ici à la fin de l'année ?
Kamiloo: J’aimerais me voir sur une scène, en train de soulever un trophée.
Vous vous voyez gagner les EMEA Masters du coup ?
Kamiloo: Bien sûr, naturellement.
Pensez-vous que les cinq joueurs de ce roster ont le potentiel d’être prêts pour le LEC d'ici à la fin de l’année ?
Kamiloo: Oui, je pense que c’est le cas, et même que certains le sont déjà. Prime fait un très bon début de saison, Yukino est très fort. Tao et Hazel ont encore besoin de temps, mais c’est normal : ils sortent de Div 2. En tout cas, ils ont clairement le potentiel.
Un dernier mot pour le Blue Wall, qui vous a réservé un accueil très chaleureux ?
Kamiloo: Franchement, ce sont des monstres. Ça fait vraiment plaisir d’entendre une foule hurler et scander comme ça. J’adore trop. Avoir autant de supporters, c’est hyper motivant, ça fait chaud au cœur. Même en game, pendant la draft, on les entend, et c’est un vrai boost. J’apprécie énormément."