18.08.26 - 17:0018.08.2026 - 17:00·8m8 Minuten Lesezeit·
Von Armand Luque
SHFT Striker sur son avenir: "Il y a de bonnes chances que je prenne au minimum une pause"
Striker revient sur le split 0-5 des Shifters en LEC Summer, assume sa part de responsabilitĂ© dans les erreurs passĂ©es et Ă©voque les espoirs de playoffs ainsi que son avenir dans lâesport.
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"Câest peut-ĂȘtre le bon timing pour poursuivre dâautres projets, toujours en rapport avec League of Legends, mais peut-ĂȘtre moins sur lâaspect coaching dâune Ă©quipe professionnelle"
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Le rĂȘve des de participer aux playoffs semble sâĂ©loigner peu Ă peu. MalgrĂ© un dĂ©but de split placĂ© sous le signe de lâespoir aprĂšs plusieurs changements au sein du roster, lâorganisation suisse occupe dĂ©sormais la derniĂšre place du classement du LEC Summer Split avec un bilan de 0-5, aprĂšs avoir enchaĂźnĂ© deux dĂ©faites face Ă et lors de la quatriĂšme semaine. Avec seulement quatre matchs encore Ă jouer, les espoirs de qualification pour les playoffs sâamenuisent rapidement, mais lâĂ©quipe devra malgrĂ© tout se montrer Ă la hauteur si elle veut au moins terminer le split la tĂȘte haute.
Au sein dâune interview exclusive, le head coach Yanis « Striker » Kella sâest entretenu avec Sheep Esports pour revenir sur les deux derniĂšres annĂ©es, Ă©voquant les erreurs commises en chemin ainsi que sa part de responsabilitĂ© dans les rĂ©sultats de lâĂ©quipe cette annĂ©e. Il revient Ă©galement sur son avenir dans lâesport et sur ce quâil faudra attendre des Shifters pour la fin du split.
Vous ĂȘtes dĂ©sormais Ă 0-5 et vos chances de playoffs sont trĂšs faibles. Quel est ton ressenti sur votre situation actuelle et, plus largement, sur votre split ?
Yanis "Striker" Kella: âC'est forcĂ©ment un mauvais feeling. On a fait des changements et pris une direction sur laquelle je pense que tout le monde n'Ă©tait pas forcĂ©ment d'accord en interne. Mais, il fallait prendre des dĂ©cisions, donc j'ai plus ou moins suivi. Je pense qu'il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous nous sommes trompĂ©s, et on le paye aujourd'hui.
De mon point de vue, il y a aussi beaucoup de choses qu'on avait mal faites l'année derniÚre. Il y a une partie qui est du snowball et une autre qui vient de décisions prises sur le moment. Mais, je pense qu'on n'a pas été trÚs lucides sur la façon d'aborder le projet du Summer Split, sur beaucoup de points.
à ça s'ajoute le fait qu'on avait un nouveau roster, et je ne pense dĂ©jĂ pas qu'on Ă©tait une trĂšs bonne Ă©quipe en sortant du Spring. Ăa fait beaucoup d'erreurs au final.
Tu Ă©voquais plusieurs erreurs faites. Quels sont selon toi les principaux Ă©lĂ©ments qui ont empĂȘchĂ© le projet de fonctionner sur lâensemble de la pĂ©riode ?
Striker: Je ne pense pas que ce soit important dâentrer dans les dĂ©tails. Je pense quâil y a des responsabilitĂ©s qui sont partagĂ©es, et je connais ma part de responsabilitĂ©. Il y a beaucoup de choses que jâai mal faites depuis fin 2024, sinon on ne serait pas dans cette situation.
Dâun point de vue personnel, jâessaie surtout dâen tirer des leçons pour que ça puisse mâaccompagner dans mes futures expĂ©riences. Pour le reste, ce nâest pas de mon ressort.
Tu as dit que tu avais une part de responsabilitĂ© dans ce qui sâest passĂ© depuis 2024. Aujourdâhui, avec le recul, comment tu vois cette responsabilitĂ© et les choix qui ont Ă©tĂ© faits pour faire Ă©voluer le projet ?
Striker: Je pense que ça dĂ©pend de quoi on parle. En 2025, je pense quâon a fait des erreurs dans la façon dont on a abordĂ© le projet. En 2023 et 2024, ça sâĂ©tait bien passĂ© parce que les changements Ă©taient petits. On avait seulement ramenĂ© un ADC en gardant quatre joueurs, ce qui permettait de conserver beaucoup de choses dâune annĂ©e Ă lâautre et dâavoir une fondation sur laquelle avancer.
AprĂšs, câest difficile Ă dire, parce que tout le monde Ă©tait convaincu quâil fallait faire des changements. Lâampleur et la nature de ces changements, en revanche, sont toujours discutables. Mais, je pense que, dans tous les cas, des changements Ă©taient nĂ©cessaires.
Je pense Ă MKOI qui, malheureusement, et avec tout le respect que jâai pour Melzhet (TomĂĄs Campelos FernĂĄndez), se retrouve aujourdâhui dans une situation quâon avait justement essayĂ© dâĂ©viter aprĂšs 2024. On voyait certaines choses et on se disait quâon nâallait probablement pas pouvoir aller plus loin de cette façon, et que certains rosters allaient finir par nous rattraper si on ne faisait rien.
On a donc pris un risque, et je pense quâil faut toujours prendre des risques. Ăa, je ne peux pas le regretter. Je pense que câĂ©tait quelque chose quâil fallait faire. AprĂšs, ce quâil fallait faire diffĂ©remment, câest autre chose.
Il vous reste encore quatre matchs, contre FNC, KC, TH et VIT. Tant que les playoffs restent mathĂ©matiquement possibles, vous devez continuer Ă vous battre, mais la confiance de lâĂ©quipe est forcĂ©ment affectĂ©e. Comment vois-tu ton rĂŽle en tant que coach pour remobiliser les joueurs et les aider Ă aborder cette fin de split ?
Striker: Je pense quâil faut donner de la perspective et de lâenjeu. Je ne pense pas quâon puisse automatiquement faire croire Ă ses joueurs en quelque chose qui semble hors de portĂ©e. Mais dans tous les cas, il faut sâoffrir les moyens de faire la meilleure performance possible, puis voir si on fait les playoffs ou non.
De mon point de vue, le plus logique et le plus rationnel, câest donc de trouver dâautres raisons que lâatteinte des playoffs pour se donner Ă fond sur le temps quâil reste. Ăa peut ĂȘtre par fiertĂ© personnelle, parce quâon ne veut pas finir le split sans victoires, ou encore pour que les joueurs puissent se mettre en avant pour lâannĂ©e prochaine. Ăa peut ĂȘtre pour plein de raisons.
Je pense que chacun peut trouver ses raisons, individuellement, et quâil faut trouver une source de carburant pour continuer Ă avancer. Parce que si on sâarrĂȘte au fait quâon nâa que 4 % de chances de faire les playoffs, câest lĂ quâon peut commencer Ă complĂštement give up.
Credit: TAB Esports
Avec la fin de la saison qui approche et la plupart des contrats qui arrivent à leur terme, as-tu pu réfléchir à ton avenir aprÚs ce split ?
Striker: Oui, on est quasiment tous en fin de contrat, donc il faudra voir. Il y aura une offseason comme dâhabitude. Pour ce qui est de mes envies personnelles, ça fait quand mĂȘme pas mal dâannĂ©es que je coache, en ERL comme en LEC. HonnĂȘtement, il y a peut-ĂȘtre une forme de lassitude qui sâinstalle aujourdâhui. Je ne pense pas que ce soit quelque chose que je ferai toute ma vie.
Je pense que jâai potentiellement besoin de trouver des dĂ©fis plus personnels. Il y a quand mĂȘme beaucoup de frustrations cette annĂ©e sur des aspects oĂč jâai lâimpression de ne pas avoir beaucoup de marge de manĆuvre. Je considĂšre que je pourrais âdavantage mâĂ©panouirâ si je nâavais pas certaines limites. Jâai envie de trouver quelque chose oĂč je puisse me dire : « Ă 100 %, câest toi, ou ce nâest pas toi. » Le mĂ©tier a de trĂšs bons aspects, mais Ă©galement des aspects plus frustrants, notamment ce sentiment de ne pas avoir complĂštement le contrĂŽle sur le rĂ©sultat de certaines choses.
AprĂšs, ça peut ĂȘtre une bonne comme une mauvaise chose. Je ne pense pas que, lors de mes premiĂšres annĂ©es de coaching, jâĂ©tais le meilleur coach du monde, et pourtant, ça se passait trĂšs bien. Alors, on peut aussi bĂ©nĂ©ficier de ce manque de contrĂŽle. Mais, quand tu es de lâautre cĂŽtĂ©, comme câest un peu mon cas cette annĂ©e, avec beaucoup de choses sur lesquelles je nâai pas rĂ©ellement mon mot Ă dire et pour lesquelles je pense quâon a simplement pris de trĂšs mauvaises dĂ©cisions, câest trĂšs frustrant.
Il y a aussi le fait dâĂȘtre bloquĂ© Ă Berlin. Chacun trouve la ville comme il le veut, mais ça nâa jamais vraiment Ă©tĂ© mon truc. Jây Ă©tais purement pour des raisons professionnelles.
Donc, on verra. Je discuterai avec mon agent Ă la fin du split et on verra quelles opportunitĂ©s il a. Mais, je pense quâil y a de bonnes chances que je prenne au minimum une pause. En tant que coach, on a aussi cette possibilitĂ© de prendre du recul et ensuite de voir ce quâon veut faire.
Câest peut-ĂȘtre le bon timing pour poursuivre dâautres projets, toujours en rapport avec League of Legends, mais peut-ĂȘtre moins sur lâaspect coaching dâune Ă©quipe professionnelle, et ensuite constater si ça me manque suffisamment pour revenir ou non. La compĂ©tition, en tout cas, sera forcĂ©ment difficile Ă remplacer si ça se termine.
Tu es devenu une cible de beaucoup de critiques au fil des annĂ©es. Est-ce que cette image tâa affectĂ©, personnellement ou dans ta carriĂšre, et penses-tu quâelle pourrait te fermer certaines portes ?
Striker: Non, jâessaie de ne pas trop y prĂȘter attention. Je considĂšre que, dans tous les cas, les spectateurs sont la raison pour laquelle on peut faire ce mĂ©tier. Certains sont plus vocaux et plus nĂ©gatifs que dâautres, mais selon la posture que tu adoptes, tu vas forcĂ©ment recevoir plus ou moins de critiques.
Je nâai jamais Ă©tĂ© quelquâun qui se cache. Jâai toujours affichĂ© mes ambitions, parfois peut-ĂȘtre dĂ©corrĂ©lĂ©es de la rĂ©alitĂ©, mais jâai toujours ouvert ma gueule sur des sujets que je considĂ©rais comme honnĂȘtes. ForcĂ©ment, il y a un backlash. Si tu ne performes pas derriĂšre, ça va forcĂ©ment te revenir dessus. Je nâai pas vraiment de problĂšme avec ça.
Ce que je sais, câest que je fais quelque chose dans ma vie qui me passionne. Je fais ce que jâai Ă faire. AprĂšs, sâil y a des personnes qui prĂ©fĂšrent commenter plutĂŽt que poursuivre leurs propres objectifs, grand bien leur fasse. Mais, dans tous les cas, ils font partie de la masse de viewers qui fait que lâesport existe.
Un dernier mot pour les personnes qui suivent Shifters avant les derniĂšres semaines du split ?
Striker: Je pense quâaujourdâhui, on nâest pas passĂ©s loin sur la game 1 contre G2. La game 2 Ă©tait un peu plus compliquĂ©e sur certains aspects, mais mĂȘme celle-ci Ă©tait accrochable.
On a quand mĂȘme envie de faire au mieux, peu importe si la qualification se fait ou pas. Donc voilĂ , merci pour le soutien pour ce quâil reste, et on verra ce quâon peut faire sur les prochaines semaines. Mais, sachez quâon est les premiers déçus de ce genre de performances.â
